L'éruption de la montagne Pelée le 8 Mai 1902 détruisit entièrement Saint-Pierre en Martinique faisant près de 26000 morts.
Pourtant, les prémices de cette catastrophe étaient apparus près de 1 mois auparavant. En effet, début Avril, on rapporte que les vapeurs sulfureuses émises des fumerolles près du sommet ont un aspect inhabituel. Mais ces observations alarment peu la population, car ce n'est pas la 1ère fois et elles ont toujours disparu par le passé. Mais le 23 avril, c'est le début de l'éruption, le volcan émet une pluie légère de cendres sur ses côtés sud et ouest avec des grondements souterrains.
A partir de là, c'est l'escalade et chaque jour on fait de nouvelles observations inquiétantes :
- Le 25 : le volcan émet un grand nuage de roches et de cendres à son sommet. Peu de dégats

- Le 26 : la zone est recouverte par une couche de cendres. Aucune inquiétude de la part des autorités publiques.
- Le 27 : de nombreux curieux montent au sommet du volcan et trouvent l'Étang Sec rempli d'eau. En effet, l'étang est alimenté par un jet régulier d'eau bouillante.
- Le 28 : une forte odeur de soufre envahit les rues de la ville.
- Le 30 : les rivières charrient des rochers et des arbres arrachés au sommet. Les villages du Prêcheur et de Sainte-Philomène recoivent des jets réguliers de cendres.
- Le 2 mai : vers 11heures la montagne gronde et un panache de fumée noire s'élève. Le nord de la Martinique est recouvert par les centres. Le journal local propose de repousser le pique-nique, prévu à l'origine le 4.
- Le 4 : Les communications entre Saint-Pierre et Le Prêcheur sont coupées. Le nuage de cendres se densifie. Les habitants commencent à paniquer et à fuir l'île par les bateux à vapeur des lignes régulières.
- Le 5 : la montagne paraît s'être calmée au matin (le calme avant la tempête !).
Vers 13 h, la mer recule de 100 mètres puis revient sous forme d'un raz-de-marée. Une paroi du cratère de l'Étang Sec s'écroule et propulse une masse d'eau bouillante et de boue. L'usine de raffinage de canne à sucre Guérin est détruite (150 victimes). Les habitants des villages environnants rejoignent Saint-Pierre, croyant y être plus en sécurité. Dans la nuit, le réseau électrique urbain est coupé : la ville est plongée dans le noir absolu.
- Le 6 : à 2 h du matin, des bruits sourds parviennent des profondeurs de la montagne.
- Le 7 : Pendant que certains quittent Saint-Pierre et parfois l'île, les journaux continuent à dire que la ville ne craint rien. Le soir, le volcan semble s'être apaisé.
- Le 8 mai, jour de l'Ascension, l'opérateur du télégraphe de nuit transmet son rapport sur l'activité du volcan sans déclarer de nouveaux développements; son dernier mot est « Allez ». Il est 7 h 52, la ligne est coupée la seconde suivante. Un bateau de réparation du câble contemple en direct la destruction de la ville. La lave dévale les pentes du volcan. Elle atteint la ville en une minute, enflammant tout sur son passage.
Puis viennent les pluies dilluviennes créant des torrents de boue qui achèvent la destruction de la ville.
Sur l'île, personne ne sait ce qui s'est passé, ni qui a autorité sur place. Saint-Pierre était la capitale, le gouverneur et les principaux dirigeants résidaient sur place.
Mais l'éruption n'est toujours pas terminée , elle continuera en fait jusqu'au 4 juillet 1905.
Le 20 mai 1902, il y a une exploision identique à celle du 8.
Le 30 août, nouvelle exploision de lave qui coule plus à l'est vers Morne-Rouge(800 victimes), Ajoupa-Bouillon(250), Basse Pointe(25) et Morne Capot(10).
C'est la dernière éruption mortelle jusqu'à nos jours.
Les conséquences sur la vie sociale, politique et économique de la Martinique furent considérables. C'est Fort-de-France qui allait remplacer Saint-Pierre comme ville principale de la Martinique.
Bibliographie: